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Intervention de Vianney Le Vacon à la CAP

Quelle agglomération voulons nous dans les 20 ans à venir

mercredi 6 mars 2013

Une vision à bâtir ensemble : population, élu-es

Vous me permettrez tout d’abord d’afficher plusieurs satisfactions.
De vous remercier tout d’abord monsieur le président pour ce débat.

Un débat positif, sur un projet, des idées, un débat qui a suscité du travail, de la réflexion et j’en remercie vos services. Un débat qui intéresse aussi au plus haut point la population à voir les réactions suscitées, y compris par l’article de presse paru ce jour.

Un débat qui prend de multiples formes et montre combien les périgourdins sont attentifs à la question des déplacements, qui est vraiment au coeur de leur vie.
On le voit aussi à la lecture du récent sondage réalisé par la ville de Périgueux, combien les habitants sont préoccupés par la question du stationnement et donc du déplacement.

La CAP, c’est une proposition, serait peut être bien inspirée de faire réaliser un sondage sur cette question majeure du déplacement : pour aller travailler, faire ses courses, aller à l’école, à la fac, dans les centres d’apprentissage, aller à la piscine, vers ses zones de loisirs ou se balader tout simplement.

J’en reviens au débat. Il est parti, les idées fusent, notamment de la part des usagers de Péribus.
J’en conviens l’idée de la gratuité peut surprendre, susciter des réactions négatives. C’est le jeu démocratique. Cependant, on voit bien que tous les usagers ont leur idée pour développer Péribus. Y compris sur la question des parkings relais aux portes de l’agglo.

Un débat enthousiasmant et dans l’air du temps, ce qui n’est pas surprenant.
On le voit partout autour de nous : la question du déplacement est au coeur de la vie des villes, de la rénovation urbaine. Regardons Bordeaux, Nantes : comment leur vie a changé en prenant cette question à bras le corps. Des villes de plus en plus attractives.
Des villes et bien d’autres qui ont travaillé à l’inter modalité avec des lieux dédiés : c’est bien en ce sens qu’arrive le projet du Grand quartier de la gare.

Plus de 150.000 périgourdins concernés

Pour nous, la réflexion d’un pôle public des transports sur l’agglomération est décisive : comment faire en sorte de faire converger Péribus et la SNCF.
C’était l’idée da la navette ferroviaire, qui nous le regrettons, régresse d’annonce en annonce. Les années passent, sans que rien ne vienne, les arrêts sont aussi revus à la baisse : on parle de difficultés à Vésone, d’abandon à Chamiers même...
La politique de la Région Aquitaine en matière d’investissement ne doit pas s’arrêter aux portes de la CUB......

C’est une aberration d’autant plus que cette problématique du déplacement concerne au bas mot près de 150.000 périgourdins : les 90.000 de la future agglomération, plus tout ceux de la Vallée de l’Isle, du nord et du sud de l’agglomération.

Oui, je le concède de nouveau, ce projet de gratuité a un brin d’utopie, il rompt aussi avec la logique qui voudrait que tout soit marchand, que tout soit payant. Alors que l’on voudrait nous faire croire que nous ne sommes que des consommateurs.
Non, nous sommes aussi des citoyens, des usagers qui payent aussi des impôts, des taxes, qui doivent servir en priorité au bonheur commun.

Je n’irais pas par quatre chemins, j’en viens à l’argument massue que l’on nous oppose : ce projet n’est pas crédible, la gratuité, c’est de l’impôt, il faut être pragmatique et gestionnaire. C’est utopique. Il peut même être taxé de gauche, voire même pour certains de communiste dans le beau sens de ce terme : le partage, le bien commun, l’intérêt général.

J’ajoute même que des idées nouvelles et fortes, la gauche en a eu par le passé :
l’école gratuite, laïque et obligatoire
la sécurité sociale
et plus dernièrement le passage en régie de Péribus.

Ok d’accord, je l’avoue humblement, de projet est un brin utopique mais il est aussi efficace et pragmatique.

Commençons par le pragmatisme.
Avec ses deux dimensions financière et technique.
Cela ne vous surprendra pas, je ne vais pas vous faire du Vincent Peillon en disant la gratuité, c’est tout de suite. Non, et pourtant.
Prenons la réforme des rythmes scolaires, les maires de quasiment toutes les grandes communes de l’agglomération ont dit oui tout de suite. Ce n’est pas un choix pragmatique, un choix de gestion.
C’est bien un choix politique et j’ose le gros mot idéologique !
Combien de fois, on a pu, entendre, et sur ce point précis à juste raison : l’important c’est le bien être de l’enfant.

Pourtant à y regarder de près en terme de gestion et de pragmatisme, c’est quand même chaud.
A l’échelle de l’agglomération c’est plus d’un million d’€uros à trouver de suite, je ne parle même pas des difficultés de mise en oeuvre. C’est peu de choses près, ce que « coûte » la gratuité de Péribus.

C’est pourquoi sur la gratuité de Péribus, nous fixons un horizon à 2016/2017.
D’abord l’agglomération récupérera d’ici là si elle le souhaite le label tourisme avec de nouvelles et importantes rentrées d’argent sur le VT, Versement Transport.
Ensuite prendre son temps techniquement sur pleins d’aspects.
Pour conclure je voudrai dire combien ce projet nous parait à la fois :

utile socialement
utile en matière d’environnement. Il nous faut passer à la vitesse supérieure dans ce domaine à tous les niveaux. La France prend du retard et notamment la question de la transition énergétique ne peut se résumer à fermer une tranche de centrales nucléaires. C’est l’une des priorités absolus afficher par la CAP. Une écologie qui ne soit pas punitive mais positive ; les prochaines hausses d’essence à venir sont socialement pénalisantes d’autant que l’argent récupérer ne va pas aller à développer un nouveau modèle de société plus écologique.
C’est aussi une autre façon de vivre la ville, une ville plus accueillante, plus attractive. Et là c’est l’élu de Périgueux qui parle : l’attractivité de l’agglomération passera inévitablement par une attractivité plus forte du centre ville.

C’est enfin et je termine avec mon propos liminaire, une vision de l’agglomération à avoir ensemble, à travailler, à débattre, y compris je le dis dans le cadre des prochaines échéances électorales municipales mais aussi et surtout des élections au sein des futures agglomérations.

Le type de scrutin, qui est un changement radical que nous impose la loi, va complètement modifier l’approche en terme de projets notamment.
Le temps est fini ou, même si les choses ont évolué, les projets de l’agglo se limitaient à la somme des projets petits et grands des communes.

Nous avons vraiment besoin d’une vision de l’agglomération périgourdine, dans un monde qui bouge, où les agglos environnantes bougent aussi, plusieurs d’entre elles vont avoir accès au TGV prochainement. C’est pourquoi, je n’oppose pas les projets. C’est bien de réfléchir et de travailler à la modernisation de la liaison Périgueux Paris, tout comme il est louable de se préoccuper du déplacement de tous les jours des périgourdins.

Soit dit en passant l’idée développée en passant par Jacques Auzou d’une agglomération à plus de 100.000 habitants autour des trois échangeurs étaient pertinentes et sera de nouveau un jour où l’autre d’actualité et là double jackpot pour le Versement Transport. Une Intercommunalité, qui je le précise, doit se faire, dans le respect, de l’indépendance des communes.

Pour nous ce débat qui s’engage est passionnant et bien sur en bouscule un autre qui arrive plus que jamais entre les besoins exprimés par les populations, les choix de modernité et de développement ou l’austérité qui l’on veut imposer aux collectivités locales. Là aussi de gros débats s’annoncent....


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