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Région, territoire, aménagement du territoire et réforme territoriale.

mercredi 17 février 2010 par Vianney Le Vacon

Aujourd’hui on ne peut aborder une élection locale sans faire un lien direct avec la réforme territoriale mise en chantier par le gouvernement Sarkozy.
C’est particulièrement vrai pour les Régions qui sont au coeur du dispositif, bien dans la cohérence libérale européenne. Les régions sont au coeur du nouvel aménagement du territoire que veut imposer la droite et toutes les forces libérales. A ce titre, il convient de porter le fer sur l’une des faces cachées de la réforme territoriale avec la mise en place des métropoles.
Avec elles, le territoire hexagonal prend une autre forme qui impacte directement les régions et modifie considérablement le rapport entre ces grandes entités et la ruralité.

L’ensemble de ces modifications ne peut se concevoir sans une mise en cohérence avec la façon dont le capitalisme mondialisé se restructure aujourd’hui y compris avec la volonté de casser la logique des états nations, socle de nos démocraties et de nos organisations institutionnelles. Premier point abordé.

Deuxième point, le cas des métropoles qui concernent directement l’Aquitaine avec Bordeaux, choisi comme l’une des 8 métropoles nationales.

Dernier point : quelles propositions faire, à partir de quelles problématiques, de quels questionnements. Quel modèle alternatif à opposer au modèle libéral ? Un des enjeux majeurs à venir, qui dépasse la simple problématique du programme pour la région ou des résistances à opposer. Doit-on simplement passer d’une centralisation nationale à une centralisation régionale, où la ruralité n’est plus que l’arrière pays d’une métropole ? Quid de l’égalité des citoyens devant les services ? Logique de compétitivité ou logique de solidarité et de complémentarité ?

1/ Territoires et capitalisme mondialisé.

Plus que jamais la crise financière internationale révèle les profondes mutations engendrées par le capitalisme à l’échelle de la planète.
Des mutations qui se trouvent accélérées par l’arrivée à maturité des différents traités européens qui modèlent désormais nos vies et nos territoires où tout est orienté vers la satisfaction des besoins du capital.

A tous les niveaux, non seulement les territoires ne sont pas épargnés par les logiques politiques du capital mais ils en sont à la fois le coeur et la cible. Cela donne tout son sens à la réforme territoriale et aux objectifs inavoués, voire cachés mais ô combien stratégiques et réels de la droite.
Aujourd’hui la démocratie, le rapport des citoyens à la politique, à leur territoire qui se traduisent par une organisation institutionnelle précise constituent un obstacle aux appétits du capitalisme.

La réforme territoriale vise à la mise en coupe réglée des collectivités et des territoires au profit du marché.

Observons d’ailleurs, comment sous les effets de la crise financière le capitalisme s’attache à faire des territoires, peu importe leur importance, des esclaves du marché.
Un capitalisme qui n’hésite plus désormais à s’attaquer aux Etats nations, y compris européens après l’Argentine and Co.
Regardons le cas de la Grèce et les avertissements de Trichet à quelques pays dont la France : attention aux déficits publics, en clair arrêtez toute politique soclale !! On parle même de mise sous tutelle.

Des Etats qui sont déjà pieds et poings liés en matière économique avec les critères de Maastricht et l’indépendance de la banque européenne.
Des Etats nations qui restent toutefois des obstacles en raison de leur position centrale dans la répartition des richesses encore basées sur le principe de solidarité. Un principe à casser au profit d’une mise en compétition permanente des territoires. Un pays, par son histoire, ses traditions est stratégique, il s’agit de la France. Ce qui rehausse d’autant mieux l’intérêt à accorder aux visées de Sarkozy qui en la matière dispose d’une cohérence incontestable avec un fonds idéologique totalement adossé au libéralisme anglo saxon le plus pur.

Certes la volonté de casser le modèle national pour le remplacer par une équation à deux coordonnées région/europe n’est pas nouvelle. Elle connaît cependant une accélération décisive actuellement, le couple régions/métropoles étant appelé à devenir l’acteur essentielle du futur aménagement du territoire. Nous sommes bien dés lors sur une véritable logique d’abandon d’une vaste partie du territoire que l’on pressent actuellement.

RGPP, abandons à tout va de territoires par les services publics, mise en place d’infrastructures de transports rapides : tout y concourt et doit nous amener à réfléchir à l’un des pans les moins en vue de la réforme territoriale à savoir la mise en place de métropoles qui pourtant représentent un volet décisif.

2/ Métropoles et aménagement du territoire.

C’est sans nul doute l’une des faces cachées de la réforme territoriale et pourtant !!

Métropoles : de quoi s’agit-il tout d’abord.

Le projet de réforme des collectivités, entend créer un nouvel échelon de collectivité territoriale, la métropole. Le texte prévoit l’ajout d’un titre 6 dans la troisième partie du code général des collectivités territoriales. Toutes les compétences des Conseils Généraux seraient dévolues aux métropoles.

Il serait ainsi créé une nouvelle collectivité territoriale à statut particulier, comprenant au minimum 500 000 habitants. Ce seuil est franchi par les communautés urbaines de Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Toulouse et Nice !!! On imagine le reste du territoire.... et la gâteau qui lui serait réservé...

La métropole a pour vocation à se substituer, sur son territoire, au département dont elle reprendrait les compétences, auxquelles s’ajoutent les compétences exercées par les communautés urbaines. Elle drainerait toutes les dotations d’Etat, vastes fonds budgétaires.

Les conditions de son administration sont en principe celles d’un département, sous réserve des adaptations rendues nécessaires par l’exercice des compétences intercommunales qui lui reviennent.

Les métropoles pourront aussi se voir confier des compétences dévolues aux régions pour peu que celles ci l’acceptent.

C’est une modification considérable à venir. On imagine encore difficilement le poids de telles collectivités, qui très vite vampiriseront les régions et les territoires alentours par leur attractivité, leurs forces budgétaires......etc.

Ainsi notre ruralité n’est pas condamnée à devenir une simple arrière cours de ces grands ensembles ?

Ne va t- on pas passer à une forme toute aussi pernicieuse de centralisation où l’on passerait d’une centralisation jacobine, parisienne, à une centralisation girondine, régionale.

Deux éléments structurants sont d’ores et déjà à examiner :

  • quelle logique des transports développe t on par exemple ? Prenons le rail avec la recherche manifeste de faire des TER rapides pour aller à Bordeaux. Et l’abandon des lignes non concernées....regardons l’étoîle ferroviaire de Périgueux ....

Quid de Px-Agen ? Px- brive ? Px-Limoges ?

  • regardons le domaine économique. C’est le modèle des pôles de compétitivité, 4 en Aquitaine, la plupart en Gironde, aucun en Dordogne. Des pôles qui indiquent l’avenir, fédèrent les moyens, concentrent les budgets, la recherche, la formation.... La métropole a tous les atouts de son côté, y compris universitaire.

Au final des métropoles qui aspirent tout et dominent un véritable no mans land rural, dans une logique de compétition entre territoires et métropoles. Vendredi dernier, le journal Sud Ouest a déjà lancé le match entre Bordeaux et Toulouse.

3/ Un modèle alternatif à construire ensemble

Pour une région jouant la vie dans les territoires et non une centralisation à outrance.

Dans ce cadre les champs d’intervention sont nombreux dans tous les domaines avec quelques points phares comme l’économie, les transports....

Il y aussi quelques principes à mettre en exergue :

La nécessaire égalité des citoyens, l’enjeu d’une ruralité vivante.

Une problématique pointe aussi avec le rôle de l’Etat, un Etat non pas pensé sous son aspect centralisateur, mais sous son aspect solidaire et répartiteur.
En cela on peut pointer une différence de fonds avec le PS et Europe Ecologie qui renonce à l’Etat et à son rôle solidaire pour aller directement
à l’échelon européen. C’est totalement dédouaner l’Etat de son rôle social et de son soutien entier et massif au capitalisme.

Sur l’économie :

  • pourquoi ne pas promouvoir l’idée de pôles de développement à opposer aux pôles de compétitivité mis en place par le gouvernement. Pôle de compétitivité qui se limitent à 4 en Aquitaine, sont pour l’essentiel concentré en Gironde. Des pôles de développement qui pourrait se mettre en oeuvre à l’échelle des départements à partir de leurs forces et filières présentes. Des pôles qui draineraient budget de recherche, aides diverses, objectifs en termes d’emplois, de développement.....

Des pôles qui seraient la pierre angulaire d’un nouveau mode de développement socialement et écologiquement durable avec pour bases la relocalisation des activités (industrielles, agricoles...).

En Dordogne les pôles, jouant sur la complémentarité, la coopération et non la compétitivité et la concurrence à outrance pourraient s’articuler autour des filières suivantes à partir de nos savoirs faires et de nos forces :

  • agro alimentaire ;
  • bois papier ;
  • transport avec les 2 établissements du Toulon et de Chamiers ;
  • tourisme/patrimoine ;
  • aide à la personne et santé ;
  • tabac.

Des pôles mêlant à la fois forces productives, recherche, formation, forces de ventes....

Sur les transports :

Doit on simplement se contenter d’un réseau TER relié le plus vite possible à la capitale régionale et au TGV ?

On voit bien aujourd’hui la tentation et l’abandon par exemple en dordogne du principe de l’étoile ferroviaire avec des lignes sacrifiées comme Px Agen ou Px Brive, voire même Px Limoges...

On peut toutefois inverser la vapeur... quand par exemple nous imposons la création d’une navette entre Mussidan et Niversac, c’est une autre conception qui est mise en oeuvre.

Il y a là un modèle à inventer, un modèle solidaire du 21° siècle.
Un modèle où les territoires sont émancipés et non dominés.

Un modèle de vie solidaire qui ne peut se concevoir et se réaliser sans une démocratie pleine et entière, une appropriation sociale et politique à travailler ensemble.

Vianney Le Vacon
16 février 2010.


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